Pourquoi je marche ...
                         
Charly, un ami québécois, m'a envoyé un joli message. Je l'en remercie très vivement, car il m'a permis de clarifier certains aspects de ma démarche. Je me permets de publier ici le fruit de ces réflexions :

" Au plan politique et social, je suis un adepte de la révolution permanente, clin d'oeil au cher Moustaki disparu.
Et paradoxalement peut-être, de la modération : rien n'est jamais acquis et tout est affaire d'équilibre !
Dans le domaine de la spiritualité, il en va de même : je nomme cela la conversion permanente.
A mes yeux, pour tenter d'approcher le bonheur, il suffit d'adopter trois types de comportement :
ne pas en vouloir aux autres (dire non au ressentiment), ne pas en vouloir à soi-même (dire non à l'auto-culpabilisation excessive) et demeurer humblement en situation de doute.
D'aucuns me disent : mais il faut bien avoir des certitudes ! Et alors, cela n'est nullement contradictoire ...
En nous remettant souvent en cause, en posant régulièrement nos convictions sur le métier,
nous nous mettons à nu (Nougaro chantait "Au delà de nos oripeaux").
Après ce travail honnête et authentique, les réalités essentielles de notre personne se précisent,
se confirment, s'installent plus solidement encore en notre for intérieur.

J'aime cette image de la montagne aux deux versants complémentaires : la foi et le doute.
Cet équilibre dont je parlais se trouve sur la crête. Vivre, c'est jouer au funambule.
Ici au pays de la Divine Comédie ... Un petit coup de balancier à gauche, un autre à droite !
La recherche de cet équilibre, je la construis pleinement sur le Chemin.
Pour concilier (dans l'ordre alphabétique) l'intellectuel, le mental, le physique, le relationnel et le spirituel.
Bien sûr, c'est parfois la chute ... Ou la descente dans la vallée, d'un côté ou de l'autre, pour quelques raisons que ce soit ! Mais l'on s'emploie toujours à remonter, reprendre le dessus, revenir à l'air pur ...
J'aimerais tant réussir cette alchimie dans la vie de tous les jours !
Ah ! Cette nature humaine, sans cesse tiraillée entre les instincts les plus bas et les plus hautes aspirations !
L'homme a besoin d'être tiré vers le haut. J'ai la conviction de l'être en pérégrinant ...
Comme si Quelqu'un m'incitait à l'élévation ! Surtout pas à la manière d'un marionnettiste qui me tiendrait au bout d'un fil ! Encore une affaire d'équilibre ici, entre la confiance, l'abandon et le libre arbitre.

Ce Dieu auquel je crois, c'est celui des chrétiens. "O Père, je suis ton enfant ..." : chanté-je souvent en marchant.
J'ai l'intime conviction qu'il m'aime et qu'à se yeux, je suis unique. C'est cette relation privilégiée qu'il est capable d'entretetir avec chacun d'entre nous, qui me séduit. Il s'adresse à moi, j'essaie de lui répondre comme je peux.
Et ne sachant pas bien prier autrement, je prie avec les pieds ... Intensément ... "


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